Sur le chemin du lavoir

Sur le chemin du lavoir installation 2013

On raconte dans certains villages que pour confesser un péché d’inconduite, il était convenu de confier au curé “mon père, j’ai chuté sur le chemin du lavoir…”, chose alors très aisée à absoudre. Cette métaphore de confession d’adultère désigne une autre fonction du lavoir : un lieu ou l’on ne blanchit pas seulement son linge mais où l’on dépose des paroles au rythme d’une besogne répétitive. Cette corvée est souvent l’occasion de rencontres lors desquelles, entre clabauderies et confidences, le liens social se tisse.
Notre projet puise dans la symbolique de ce lieu désuet pour ouvrir un espace-temps dans lequel la parole se matérialise et créé ainsi les conditions d’une confidence : Le Lavoir, dans lequel la parole est déversée.
Nous transposons l’usage du lavoir à un procédé de purification de l’eau en mettant en place un végétation phyto-filtrante. Les plantes rythment et habillent le lavoir-jardin dans un paysage de phyto épuration miniature. Le parcours de l’eau jusqu’à son état pure devient le vecteur de l’absolution des péchés. Nous convions les visiteurs à venir se confier dans ce sanctuaire.
A l’extrémité du bassin, une inscription est gravée dans la pierre .
Plus on avance dans la lecture des phrases et plus la taille des caractères diminue. On passe ainsi d’un signal lointain à une écriture minuscule, contraignant le spectateur à se rapprocher au plus près et par conséquent à parler à voix haute pour mieux déchiffrer ce qu’il ne peut plus lire. Au travers d’un dispositif, les mots relâchés près de la surface sont matérialisés, puis emportés par le lavoir.
De l’autre extrémité, une végétation se nourrit de cette eau et de ces péchés désormais lavés, et envahit le lavoir en formant un massif luxuriant.

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